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Odyssaum.PONT SCORFF

 De la musique « verte » avec Jean-Yves Bardoul

19 août 2014 LE TELEGRAMME

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Vincent Le Grévellec, responsable marketing « événements et partenariats » de la Sellor, Jean-Yves Bardoul, qui jongle avec les mots, les plantes, les objets du quotidien, et Mathieu Le Levier, responsable d’Odyssaum.

L’Odyssaum, musée du saumon sauvage installé à Pont-Scorff, propose trois spectacles de Jean-Yves Bardoul, demain, jeudi et vendredi, en fin d’après-midi. L’artiste mélange de la musique, du conte et de l’humour.

L’Odyssaum, installé au Moulin des Princes, au Bas-Pont-Scorff, présente, lors d’un parcours spectacle et de jeux insolites en extérieur, le voyage extraordinaire du saumon. Pour porter un autre regard sur la rivière et son environnement, l’espace découverte propose aussi un spectacle, à partir de demain et jusqu’à vendredi, à 18 h 30. C’est Jean-Yves Bardoul, artiste atypique et drôle qui prendra place, dans la prairie, sur la scène de plein air, avec en toile de fond, la rivière du Scorff pour un « concert » de musique verte.

Des bottes de paille
Le public, lui, sera installé sur des gradins de bottes de paille. Et pas d’inquiétude, si la pluie s’invite, une solution de repli au théâtre Le Strapontin est prévue

. Avez-vous déjà sifflé comme un merle avec une branche de châtaignier, fabriqué une fusée avec une tige de berce, ou joué du blues sur une feuille de lierre ? Jean-Yves Bardoul, à la fois musicien, humoriste, poète, un brin magicien et malicieux, sait faire chanter toute la nature pour improviser, sortant des sons d’instruments faits d’un peu de tout. Avec « Normalement ça marche… sur l’eau ! », l’inventeur atypique et drôle fera voyager petites et grandes oreilles dans son univers original et inattendu.

Possibilité de pique-nique

Pour Jean-Yves Bardoul qui revendique, à 50 ans, d’avoir « fait partie de la dernière génération qui a pratiqué la véritable école buissonnière, l’objectif est de susciter chez les spectateurs l’envie, d’apprendre à regarder les choses extra… ordinaires qui les entourent ». Son savoir, qu’il aime à partager, n’est pas fait « de choses que l’on trouve dans les bouquins, mais issues de rencontres, de collectage. Cela fait partie du patrimoine immatériel ». La feuille est un instrument à part entière. Avec celle de la courgette, il vous imite une vache… ou un ado ! « Moi, cela me fait rire », résume le poète musicien pour qui les auditeurs sont aussi acteurs

Après le spectacle, ceux qui le souhaitent pourront prolonger la soirée par un pique-nique qu’ils auront apporté ou par des dégustations de crêpes salées et sucrées, grâce à Pont-Scorff Animations (PSA).

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ESTUAIRE.ORG SEPTEMBRE 2011  Jean-Yves Bardoul

De nature bardouilleur

57 photo EVE PALLIER 08 2009 DSCN3395

Une minute, désolé, j’ai de la terre plein les mains ! » Il pose alors le combiné, et revient avec ces quelques mots : « J’étais dans mon potager, à ramasser mes légumes ».

 Ces mêmes légumes, autres végétaux et objets qu’il trouve dans un frigo, une poubelle, une télé… Et dont il se servira pour son spectacle ! De la paille, une bouteille d’eau et un ballon de baudruche – pour une cornemuse, des pissenlits – pour fabriquer le chant des sittelles, des feuilles de courges – pour imiter les vaches, ou de châtaignes – pour transformer son auditoire en éléphant géant !

Jean-Yves Bardoul – qui en connaît un rayon sur la botanique et l’ornithologie – joue avec la nature, et fait de cette nature une ode à la musique… “Une musique verte” qui puise sa source dans une lie de mystère…

Mais pas tant que ça, finalement ; il se souvient des cartouches d’encre, de ces punaises qu’il transformait en toupies, déjà sur les bancs de l’école… Qui n’était pas vraiment sa tasse de thé ! « Mon prof’, c’était la nature », confie-t-il, un rien peu fier d’en avoir fait son métier :

 « Professeur d’école buissonnière » comme il aime tant à se définir. « En fait, je fais cela, car je ne sais rien faire d’autre », avoue, sans forfanterie aucune, ce bidouilleur artistico-bucolico-écolo, très bavard et bon rieur. « Un clown sans nez rouge », qui est « le premier à rire de [ses] facéties », car sur scène, ce jardinier-musicien sans chapeau – juste un couteau en main – est la terreur des parents ! :

 « Tous ces instruments – que j’invente ou réadapte – sont un prétexte pour raconter aussi de petites histoires, de drôles d’anecdotes et de grosses bêtises. Je m’amuse beaucoup ». Et il n’est pas le seul, les enfants sont conquis, les parents aussi, malgré tout !

Plus de dix ans qu’il sillonne, ses légumes sous le bras, les routes de France et d’ailleurs (Québec, Londres, Italie, Espagne, Danemark…) Pour apprendre aussi à poser un autre regard sur cette nature, que ce violoniste observe chaque jour pour en composer une œuvre savoureusement bucolique et musicale.

Marie Bulteau

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